Faits et méfait – délit flagrant

Première partie

Il est 4 h du matin : mon appel est immédiatement pris en charge par un message d’attente. Posée contre le rebord de la baignoire, j’attends de longues minutes tout en m’interrogeant sur ce contre-temps malvenu : Pause café ? Attentat terroriste ? Cambriolage à l’Élisée ? Défilé de nudistes sur la 118 ? Un humain écourte enfin la supplique du téléphone. En quelques mots, j’énonce les faits : l’immeuble comme déserté en ce mois d’août, la certitude que le logement attaqué était inoccupé depuis une semaine, le bris de glace, les chuchotements étouffés… Il m’écoute, demande l’adresse, les moyens d’accès, le nombre d’intrus. Je le renseigne : possibilité d’accès côté avenue (entrée piéton) et rue (entrée du parking souterrain et aux terrasses situées au premier étage). Je suis indécise quant au nombre de malfaiteurs, deux j’en suis certaine, plus c’est envisageable mais impossible de le certifier, même en m’approchant du balcon, plus tremblante qu’une feuille au mois d’automne. Il m’indique qu’il va envoyer deux équipes, l’une par le nord (à laquelle je devrais ouvrir), l’autre fera de la varappe par le front sud. J’attends à nouveau.

La sonnerie de la porte d’accès résonne dans l’appartement et réussit l’exploit de réveiller mon dormeur du val. À distance, j’ouvre aux policiers pendant que mon Demi me chuchote qu’il croit avoir entendu le retour des occupants légitimes plus tôt dans la nuit. Il descend néanmoins pour conduire l’équipe jusqu’à l’appartement. J’entends soudain « Police ! Ouvrez ! » et je suis soulagée de ne pas entendre de coups de feu. Quand il revient, il me dit qu’ils sont venus en force : trois voitures, neuf policiers, pour découvrir une baie vitrée détruite et sur la terrasse, médusé et en caleçon à fleurs, mon voisin dans son hamac !

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24 commentaires sur « Faits et méfait – délit flagrant »

    1. Alors oui, je l’ai croisé dans l’ascenseur une semaine après « les événements ». Je n’en menais pas large mais je lui ai dit que j’étais à l’origine de la visite impromptue de la semaine précédente. Il a éclaté de rire et m’a révélé que l’histoire avait fait le tour de son lieu de travail et que ça avait provoqué l’hilarité générale (il a certainement exagéré). Il m’a finalement remerciée…

  1. ah les films qu’on se fait parfois ! ennemi juré le voisin ? c’est pour ça que vous avez déménagé ? 🙂 oui je me dis que ça remonte à loin vu que tu parles d’appart !
    ps : si tu trouves le bon plan pour Disney, tu me fais signe hein, je viens vous voir !

    1. Absolument pas un ennemi juré, il a toujours été charmant à chaque fois que je l’ai croisé par la suite. Tu penses, il devait avoir les foies que je lui envoie le GIGN dans le cas contraire !

      (Pour Disney on se dirige vers une formule séjour (budget décédé), quand la date sera décidée, je t’enverrai un mail Carole)

  2. Pour le réveil, il faut dire que le klaxon d’un semi remorque faisait pâle figure à côté de la sonnerie de notre interphone.

    De plus, ce que la Cambroussienne ne dit pas, c’est que, lorsque j’ai été réveillé, elle m’a expliqué la situation, et je lui ai assuré que le voisin en question était bien chez lui. En effet, sa place de parking était juste à côté de la nôtre et ça voiture était bien là quand nous sommes rentrés de notre ballade. Une petite voiture, 2 places, moteur à l’arrière et toit en toile, ça ne peut pas se rater …

  3. Hihi ! C’est que j’étais pas si loin que ça de la vérité ! En tout cas, le voisin dans son caleçon à fleurs, j’ai l’impression d’y être !!! ^^

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