Frustrations ordinaires

NumberOne observe sa sœur déguster un yaourt, tout en jouant avec le sien qui a conservé l’opercule. NuméroBis prend son temps et savoure son dessert favori. Chaque gramme de la précieuse préparation lactée bifurquant entre le pot et la bouche de sa destination finale est scrupuleusement récupéré ; dans un premier temps avec une tentative de repêchage à la cuillère généralement teintée d’échecs, puis un mini-auriculaire vient réparer l’affront commis. Quand le reste devient trop difficile à atteindre, elle me tend le pot accompagné de sa cuillère sans ambages « Maman, pot, Bibi ». Je l’assiste, elle vérifie qu’effectivement je ne l’ai pas truandée, et retire sa serviette en s’écriant un « Fini, Bibi ! » de contentement.

C’est le moment que choisit NumberOne pour agir : tout en épiant du coin de l’œil sa cadette clamer « yaou !« , prête à remonter sur sa chaise haute pour un rab’ bienvenu bien qu’inattendu, il débarrasse lentement le pot du couvercle et demande :
– Alors, NuméroBis, il est à qui ce yaourt ?
– À OuaOuane…

Jubilation de l’aîné qui ajoute : « C’est bien ! Et qui c’est qui va le manger ?« . Moue et réponse de la cadette « OuaOuane… »

C’est le triomphe du perfide : « C’est bien, NuméroBis, tu as raison, c’est moi qui vais le manger… »

Déçue, mais pas vaincue, NuméroBis me tend les bras : « Maman Yaou Bibi plait!* »

*******

Dans cette maison, les enfants n’apprécient pas de se faire sucrer le yaya, leur mère non plus d’ailleurs…

* Mère, auriez-vous l’obligeance de bien vouloir me céder votre dessert lacté aux ferments actifs ?


EDIT : Le yaourt que je n'aime pas me faire sucrer n'est pas mangeable ;)
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10 commentaires sur « Frustrations ordinaires »

    1. Ici, les enfants ont fait une OPA sauvage sur les yaourts & petits-suisses… Si on veut en manger un tranquillement (et sans concurrence), il faut attendre qu’ils aient quitté la table…

  1. Les « vavouts » (dixit l’Acrobate, avant) sont mangés essentiellement par le sus nommé. J’en mange parfois aussi, mais l’accompagnement n’est pas le même que pour mon fils… un peu plus chocolaté que lui, pour rester anonyme quant au nom du truc chocolaté rajouté :p
    NuméroBis sait bien comment demander à sa maman pour le rab’ 🙂

  2. je crois que c’est l’aliment avec lequel TOUT le monde a une grande histoire d’amour.
    déjà, prononcer son nom, c’est coton. Ici, c’était « laroute ».
    ensuite, arriver à le déguster proprement, ça prend au moins 5 ans.
    enfin, se les disputer quand il en reste 4 et qu’on est 5, c’est épique.
    pour le yaya dont tu parles, je comprends, je commence à ressentir les premiers effets de manque.

  3. (Je réalise avec horreur que je n’ai pas encore commenté, pfff)
    ça c’est bien placé ! Moi non plus, je n’aime pas qu’on m’enlève le yaya de la bouche alors que je n’en ai mangé qu’une cuillère ! Hein, Zette ! 😉

    1. Je réalise avec horreur que je ne t’avais pas encore répondu, pfff…. 😉 (à quoi sert de réinventer la roue ?)…

      Voilà, tu as absolument raison ! Il faudrait que l’on monte un groupe sur FB « Pour le maintien du yaya au moins un lundi par mois » !

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