Comment j’ai tué Mickey Mouse…

La journée avait pourtant débuté normalement. NumberOne m’a réveillée par une danse de son cru : « Valse du rhinocéros, une nuit d’été ».  Comme c’était l’automne et qu’il était 4 h, j’ai demandé à l’apprenti Noureev de cesser les répétitions afin qu’il soit en forme pour l’école. Je me suis recouchée, espérant retrouver le sommeil. Il n’est pas venu, la souris si ! Le cliquetis des griffes sur le parquet de ce rongeur qui rôde toujours dans le sous-plafond m’agace, m’irrite et me fait tourner et retourner dans le lit. Nous avons littéralement truffé la maison de choses succulentes (et mortelles) et cette bestiole, au mépris de toutes convenances hospitalières, dédaigne ces délicieuses attentions.  De guerre lasse, j’allume mon PC ; le bruit du réacteur fait office de ventilateur et camoufle les déplacements de l’importun.

A 7h30, je monte réveiller NumberOne. Mon Demi vient de faire deux tentatives sans succès ; à chaque fois, l’artiste a refermé la porte, son volet et éteint la lumière du plafonnier. J’ouvre la porte sans ménagement, appuie sur l’interrupteur, ouvre le volet et lance un « Bonjour !!! » joyeux et légèrement suraigu (ah, douce vengeance…). Je dois néanmoins enlever la couette pour que la marmotte sorte de son repaire et c’est gagné. Moins d’une heure plus tard, il part pour l’école. Et d’un.

Je termine mon thé quand j’entends : « Mamaaaaaaaaaaaaaaan !« . Lorsque j’arrive dans sa chambre, NuméroBis est debout. Sa duvette est à moitié ouverte, un bras sort par l’ouverture de la tête (ouate ?), et surtout « Mais qu’est-ce que ta couche fait ici ???« , elle s’est déshabillée. Oh, pas entièrement, elle ne sait pas (encore) faire. Mais les chaussettes, le pantalon et la couche ont été retirés sans ménagement et sont éparpillés parmi sa horde de doudous. Elle me tend les bras avec le sourire enjôleur dont elle a le secret : « Pi cou ! » (AKA « pipi couche » pour les néophytes). Échouée sur le matelas, débordée, la couche a fait ce qu’elle a pu pour tenir la marée, je ne lui en veux pas. Sans trop y croire, je croise les doigts naïvement pour qu’il n’y ait pas d’autres dégâts et m’aperçois que ce ne sera pas le cas. Les doudous font également partie des dommages collatéraux. J’installe NuméroBis à la table pour qu’elle prenne son petit-déjeuner et retourne dans sa chambre. Je dé-housse le matelas, emporte puis fourre un ensemble de doudous et draps dans la machine à laver, programme 30°c.

Scène reconstituée (la maison ne recule devant rien)

Après le repas, la demoiselle est douchée puis habillée et c’est là que je prends conscience d’une chose qui me fait froid dans le dos, malgré les 25 °c de la salle de bain. Parmi la population de doudous partie faire des ronds dans l’eau, se trouve Mickey, son préféré, celui que l’on peut cacher et retrouver au moyen d’une petite télécommande, celui qui ne doit jamais ô grand jamais passer à la machine (lu sur l’étiquette ET le mode d’emploi). Il est trop tard pour arrêter le lave-linge qui, de toute façon, a terminé sa tâche.  Je réalise avec horreur mon souricide. J’extirpe la victime, elle semble OK mais les piles, restées évidemment à l’intérieur, ne fonctionnent plus. Perdu, pour perdu, je lui fais faire son dernier voyage dans le sèche-linge ; s’il n’a plus ses propriétés de jeu de cache-cache, il pourra continuer à dormir avec NuméroBis.

Voilà, comment j’ai tué Mickey Mouse, cible innocente et non mouvante, alors que cela va faire un mois que nous en poursuivons une de chair et de sang.

Le seul bruit que je veux entendre en pleine nuit dorénavant, c’est le « CLAC ! » de l’un des pièges parfumés au comté 18 mois d’âge…

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18 commentaires sur « Comment j’ai tué Mickey Mouse… »

  1. PS 1 : Le bruit de réacteur est celui de mon ancien ordinateur (oui, celui de « à cœur ouvert« )

    PS 2 : Inutile de sortir les mouchoirs pour Mickey, après achat de nouvelles piles, il s’avère qu’il a survécu à ce traumatisme. J’en conclus donc que les rongeurs doivent être comme leurs prédateurs de chats : ils ont neuf vies.

  2. Pauvre tite bête… Je parle de Mickey bien sûr 🙂 chez mes parents c’est un chat qui de baladait ds la sous pente au dessus de nos têtes la nuit…
    Bonne chance pour chopper la crisseuse !

  3. Sinon il reste l’apéro prolongé qui fait que d’un coup les souris sont mortes, les enfants dorment tout seul, la campagne est formidable et qu’il nous reste un peu de culture pour que nos enfants ne pensent pas à Mickey quand ils voient une souris (ou Nemo quand ils voient un poisson).
    Mais maintenant hélas tuer Mickey ça devient presque Freudien :!!!!! ah il sont trop forts !
    pleurs et tristesse, d’où encore apéro, d’où question : vaut il mieux mourir d’une cirrhose que de voir ses enfants vénérer Mickey ?

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