Les portes marron ou vertes ou nawak

Ce week-end, c’est jour de portes ouvertes à l’école maternelle de la commune. Nous nous y sommes rendus pour que NuméroBis découvre l’environnement qui sera le sien dès septembre prochain. Ce jour-là, l’école et l’amicale des parents d’élèves font les choses bien : il y a des boissons et des biscuits pour ceux qui, en plus de la semaine, ont tendance à traîner des pieds pour franchir le pas de la porte marron.

Ce n’est pas un problème pour NumberOne, l’école est son territoire et il a repéré le  pot de bienvenue bien avant son gang pourtant bruyamment présent dans le couloir. Il s’avance vers l’un des adultes, décoche son plus beau sourire d’enfant sage et poli et repart satisfait, un biscuit dans la bouche, deux dans une main et un verre dans l’autre. Grand seigneur, il donne un petit morceau à sa sœur et s’apprête à rejoindre sa bande quand nous l’interpellons en plein élan :

– Tu veux bien faire découvrir l’école à ta soeur ?

Il veut bien, il roule même des mécaniques lorsqu’il lui montre les dortoirs, la bibliothèque tout en pokant les collègues de sa boîte. Mais dès la première classe de petite section, son admiratrice N°1 lui fait faux bond. Elle a vu l’atelier de peinture, les jouets, les tables, les petites chaises et la cuisine à sa hauteur. Elle enlève son manteau qu’elle me tend négligemment et, sans me regarder, elle m’adresse un :

– Au-revoir, maman !

Elle ne se retourne pas alors qu’elle choisit sa chaise, une feuille blanche et un beau feutre rouge. Seule sa petite main qui s’agite en signe d’adieu m’indique que je peux, si je le souhaite, disposer.  La tentation est grande de dire à l’institutrice que l’on va s’absenter (le week-end) et partir. Je résiste et j’entraîne NuméroBis dans une succession de salles dont la dernière n’inspire que très peu la demoiselle puisque c’est à ce moment qu’elle remettra son manteau, seule.

De retour à la maison, le moteur de la voiture tourne encore que NumberOne s’extirpe de son siège pour rejoindre ses potes de bac à sable (et à boue). Il est informé, le déjeuner est imminent. Une vingtaine de minutes plus tard,  il a disparu de mon champ de vision et je l’appelle à pleins poumons :

– NuuuummmmberOooonnne !

Personne, sinon le coq de la voisine, ne répond. Je fais le tour de la maison, sans trouver qui que ce soit. J’avance alors sur le terrain de mes voisins pour m’enquérir de la présence d’un numéro ne leur appartenant pas, quand je le découvre avec ses complices, jouant avec un monticule de terre (j’apprendrai plus tard qu’il s’agissait là d’une chasse au trésor dont le butin fut un ver de terre, deux opercules de bière et un collier de serrage).
– Dis-donc, pourquoi tu n’as pas répondu quand j’ai appelé ?

Il baisse la tête, ses yeux s’orientent vers la gauche et répond :
– Je n’ai pas entendu.
– Eh bien, entendu ou pas, tu viens avec moi. Le déjeuner est prêt.

L’indignation se lit sur son visage :

– Mais pourquoooooiiiiii ???

Portnawak, non ?

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5 commentaires sur « Les portes marron ou vertes ou nawak »

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