Cheval Melba*

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de Zette, MHF, Cathy, Papiluc, Mentalo, Lilith, Joufflette, l’Herbe folle, Laurent… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Premier restaurant ».

Je ne me souviens pas de mon tout premier resto. Je devais avoir deux ans tout au plus, nous étions sur Paris en famille. Ce jour-là, l’un de mes oncles souhaitait faire découvrir la cuisine de son pays dans un restaurant du 13ème arrondissement. Prévoyante, ma mère avait emporté un petit pot pour que je puisse manger un repas plus occidental. Selon les dires des convives présents, du haut de mes trois pommes, j’ai fini les assiettes de toute la tablée. Le pot, lui, est resté intact.

Été 78 ou 79. La Renault 12 de mes parents s’arrête, stoppant net le dernier tube de Boney M, nous sommes près d’une petite paillotte située dans la périphérie d’Argelès-sur-Mer. Je bondis de la banquette et entreprends un mouvement de moulinet pour refermer les vitres. Nous sortons enfin de l’habitacle devenu étouffant et nous dirigeons vers l’édifice d’où provient une odeur de frites, qui m’appâte plus sûrement que celle du chocolat. Nous nous installons rapidement à une table de quatre où les canisses nous protègeront du soleil du Roussillon. Une serveuse en tablier vient prendre les commandes et j’écoute les recommandations de bonne conduite en attendant mon assiette. Elle arrive en quelques minutes, les frites promises sont là, avec un steak, saignant. J’ai cinq ans et demi. Un saignement, ce n’est pas bon signe. Je mange mes frites, les abords du steak bien cuits et envoie la moitié du reliquat au chien du voisin. Plus tard, j’ai une glace tricolore en forme de fusée dans la main gauche et un quignon de pain dans l’autre pour l’un des chevaux du manège pour touristes jouxtant le restaurant. Ma main n’est pas assez tendue, je suis mordue, fort.

J’ai alors pensé à ma grand-mère, à qui nous avions rendu visite quelques jours avant notre départ en vacances. Je n’osais pas me resservir de son délicieux quatre-quart. Elle m’avait interpellée : « Mais mange-donc ! Tu ne sais pas qui te mangera ! ».

Ce jour-là, j’ai su : j’étais au menu du cheval.

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* Titre honteusement plagié ( ici vous trouverez l’origine de la recette du cheval-Melba de Monsieur Pierre Desproges. Âmes sensibles s’abstenir).

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21 commentaires sur « Cheval Melba* »

  1. Hiiiiii (vala j’ai fait ma blogueuse)

    Argelès FOR EVER (ouais sur le coup je suis pas très solidaire)

  2. On dit que les chevaux sont pas carnivores… OUESSESSA !! (ouille quand même ,c’est gros les quenottes de cheval)

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