C’est sûr, elle assure !

Hier après-midi, un appel de notre ancienne compagnie d’assurance a réveillé la maisonnée baignée dans une douce torpeur de printemps enfin arrivé.

–  Oui, bonjour ! Je suis Julie des Assurances Gevébien. Cela fait deux ans que nous n’avons plus de contacts avec vous et j’aimerais que nous prenions rendez-vous pour en discuter.

– Merci, mais ce ne sera pas nécessaire…

– Et vos deux véhicules…

– … sont également assurés, évidemment !

– Ah mais je vous rassure tout de suite, je ne pensais pas que vous n’étiez pas assurés.

J’ai à peine le temps de lui balbutier un « Merci, vraiment, vous me rassurez ! » avant de raccrocher, vaincue par le fou-rire qui me menaçait.

Et contre ça, je n’avais pas d’assurance.

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Anti-social

Tu perds ton sang-froid !

Selon les témoignages recueillis auprès de mes ascendants, on ne compte plus le nombre de fois où, d’indignation, je me suis roulée à terre pour obtenir un bonbon, un jouet ou encore refuser un ordre que l’on m’aurait donné. En toute sincérité, je n’ai aucune mémoire de ces épisodes qui ont plongé mes parents dans un embarras certain. D’ailleurs, je me demande si je n’ai pas alors épuisé, en plus de mes parents, mes velléités de rébellion.

Cependant, l’insubordination dont je me souviens avec le plus d’acuité s’est déroulée sans éclats de voix. Tout du moins de ma part. La classe de sixième, à laquelle j’appartenais, est aujourd’hui une utopie pour de nombreux enseignants. Y figurait une grosse vingtaine d’élèves choupis, y compris moi (aucun témoignage ne circule sur un quelconque roulage à même le sol), produisant un léger bruissement. Pourtant, c’en était trop pour ce professeur en fin de carrière. Le hasard a voulu que son index me désigne pour rapporter le livre qu’un autre avait fait tomber. Etonnée puis indignée par son accusation, je récuse son jugement, la défie du regard lorsque je lui apporte le bouquin incriminé. Elle n’a pas oublié : elle m’a catégorisée dans les fortes têtes et a saqué bon nombre de mes devoirs en prétextant un travail non personnel. L’ironie du sort ? Elle fut mon professeur principal trois années consécutives.

Monte le son, ensuite tu peux cliquer (clip de la casse introuvable)

Mon plus grand acte de rébellion reste, à n’en pas douter, mon refus de voir Titanic malgré Kate Winslet, malgré Leonardo Di-Caprio, malgré les critiques et copines qui disaient « tu devrais le voir, c’est génial !». Non ! Sauf peut-être celui-là :

Edité suite à un commentaire… dissident.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Première rébellion ».

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La part du lion

Il enfile un tablier encore trop grand pour lui, puis sort le fouet, quatre œufs, la crème fraîche, le lait, les lardons et le comté du frigo.  Il tente de casser les œufs sans incorporer de coquilles, s’énerve quand il n’y arrive pas et me tend le reliquat pour une pêche aux coques.  Il mélange la farine et les œufs, je prends le relais quand les grumeaux se sont installés. Il ajoute la crème fraîche, un peu de lait… Quelques minutes plus tard, NumberOne, 1er commis, s’enquiert :

– On fait quoi là, Maman ?

– Une quiche lorraine.

 
Médusé, il écarquille les yeux et je devine déjà les prémices d’un sourire :

– Une quiche de rennes ?

 
Avant même que je puisse lui répondre, que la viande de caribou est décidément difficile à trouver sous nos latitudes, NuméroBis prend la parole :

– Ah p’incesse Bis !

 

NuméroBis, reine de la (ré)partie.

 
 

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Chaud-froid

Elle pleurait la première fois que je l’ai entendue ce matin. Pressée de la soulager, je suis montée en enjambant les marches quatre à quatre. Drapée dans sa duvette, elle tend ses bras et ses joues rebondies et me chuchote un « pipi« .

J’enlève sa couche restée intacte durant la nuit et installe le royal fessier sur son trône attitré. Dès qu’elle a terminé, je prélève son dépôt et l’ajoute au compte courant.  Avec sa robe de chambre en guise de manteau d’hermine, elle encercle ses bras autour de mon coup et me déclare son premier « t’aime, Maman ! » assorti d’un baiser sonore.

Sous le coup de l’émotion, je la couvre de baisers quand soudain j’entends une petite voix s’élever :

– Ouh ! Ah piiiiiiique !

Je ne sais pas vous, mais moi je me suis poilée (même si, c’est vrai, elle pique un peu, sa bise).

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Reprise en deux tours

S’il est un sujet sur lequel nous transigeons pas avec NumberOne, c’est la politesse, le respect d’autrui.  Alors qu’il avait trois ans, les petites phrases magiques comme « s’il te  plaît« , « merci« , « je t’en prie » étaient acquises. C’était évidemment sans compter l’influence des petits caciques de bacs à sable et parfois, celle tout aussi inacceptable, des adultes. Nous le reprenons donc régulièrement afin qu’il n’oublie pas ces règles élémentaires.

Ainsi, ce midi-là, alors que je venais de servir les convives attablés, j’interpelle mon Demi :

– Dis, tu veux bien me donner le poivre ?

NumberOne s’est penché vers moi, a approché sa main de mon oreille et m’a glissé un discret :

– Maman ! On dit « s’il te plaît ! ».

Je ne l’avais pas volé même si, en l’espèce, c’était l’hôpital qui se moquait de la charité. J’aurais probablement oublié cette petite anecdote si, le soir-même, tandis que je lui faisais un câlin après sa tournée d’adieu familiale, je n’avais pas annoncé en guise de boutade :

– Dis-moi, tu gardes le meilleur pour la fin ?

Choqué, il me regarde et corrige :

– Mais non, Maman, on ne dit pas le meilleur pour la fin. On dit LA meilleure, parce que tu es une femme, tu vois !

N’en déplaise à certains, j’en retiens essentiellement que le féminin l’emporte sur le masculin.

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Jouons !

Aujourd’hui, je vous propose un nouveau jeu : le cékoidonkeladit. Ce matin, du haut de ses deux ans et demi, NuméroBis qui tente de parler le même langage que ses parents, s’est précipitée vers moi, m’a tirée par la manche et m’a dit : « Maman, maman ! Pulle !« 

Alors ?  Des suggestions ?

Banane du matin

… éloigne le chagrin.

Dans la classe de NumberOne, il y avait un petit garçon dont le bras était protégé par une coque de résine plâtrée. Bien évidemment, il fut la star incontestée durant sa convalescence et mon lascar n’avait pas manqué de poser des questions sur le pourquoi du comment en classe, dans la cour ET à la maison. Puis, finalement, le flux s’est tari. L’os s’est remis et l’ex-blessé est revenu à l’école, sans son plâtre.

Ce matin donc, nous étions repartis pour une salve d’interrogations que n’auraient pas réprouvées les meilleurs flics de séries B :

– Et regarde, j’ai des os-là… Pourquoi ils sont là ?

– À quoi, ils servent ceux-là ?

Nous lui répondons tant bien que mal, jusqu’à celle-ci :

– Maman, est-ce qu’il y a des os dans le zizi ?

– Non, il n’y en a pas chez les hommes.

Dubitatif, il se tourne vers son père :

– Papa, c’est vrai qu’il n’y a pas d’os dans le zizi ?

– Oui.

– Y’a quoi alors ?

– Demande à maman…

J’allais bien évidemment lui expliquer lorsque l’attention de l’artiste fut détournée.

Quant à mon Demi, je ne l’ai pas dit. Je l’ai pensé : dégonflé !

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