Quand les idoles pètent un câble

… de guitare.

Accident spectaculaire ce soir en concert. Enivré par le succès, la bière, et très probablement les substances illicites, le chanteur raide fait faire un plat à sa guitare. Une image accablante.

Dans les backstages, on nous signale que la guitare (du gîte de noix) fut dans un premier temps passé au wok puis réservée (contrairement à son propriétaire). Une garniture aromatique composée de d’échalote, d’ail, de gingembre et de piment thaï fut alors jetée sans ménagement dans le wok. Cet épisode de courte durée (une à deux minutes) fut stoppé par l’ajout d’un trait de sauce soja puis, après récupération des sucs par celui d’un jus de citron vert. Puis la guitare fut à nouveau demandée pour un boeuf dans le wok pour s’imprégner des parfums pour être finalement saisie par le chanteur avec les dommages que l’on connait.

Ceci est ma participation (honteuse) au concours de Electromagère.

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Poussières d’atmosphères

C’était la Saint Patrick et j’errais de rade en rade. Dans l’un d’entre eux, j’avais observé des hommes, en complet gris, aux aguets malgré les rideaux en dentelle qui dissimulaient une partie de la clientèle à l’extérieur, l’œil soupçonneux (l’autre devait réfléchir, probablement)… Je n’y étais pas restée longtemps : l’arrivée des perdreaux avait provoqué du grabuge, le cafetier avait alors mis un terme à la soirée et les silhouettes à borsalino s’étaient fondues dans le brouillard.

Plus tard, dans l’estaminet suivant, des ouvriers à la casquette bleu délavé avalent leur p’tit noir encore brûlant tandis que la tenancière au comptoir, et à l’accent chantant de titi parisien, commente les dernières nouvelles du jour. Le zinc qu’elle brique sans relâche brille et, dans le reflet, on peut deviner les alcools proposés.  Malgré le brouhaha de l’endroit, j’entends des enfants qui jouent un peu plus loin.  Leurs rires, si tôt dans la journée, m’intriguent et je tente de m’approcher pour découvrir leurs visages. Je sors alors du troquet et les cherche du regard quand un « MAMAN ! » attire mon attention. Je ne les vois toujours pas mais cet appel m’est impérieux. Je dois les rejoindre.

– MAMAAAAAAAAAAAN ! MAMAAAAAAAAAAAN ! 

Je regarde mon téléphone : il est 7h00.

– MAMAAAAAAAAAAAN ! 

Je grimpe l’escalier qui sépare ma chambre de celle de l’aîné.

– Oui, NumberOne, qu’est-ce qu’il y a ? Tu sais, c’est trop tôt pour se lever, c’est la nuit encore un peu.

– Maman, je ne vois rien, je réussis pas à voir !

– Ça mon grand, c’est parce que tu as les yeux fermés. C’est toujours difficile de voir les yeux fermés. 

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Nuisances

Ce n’est pas un tracteur. Ils sont revenus. Les pétarades des moteurs ne laissent aucun doute sur leur identité. Ils sont revenus. Encore. Malgré notre refus poli mais ferme de la dernière fois, ils sont passés outre. Nous venons de nous coucher. Le volume sonore me permet d’estimer leur nombre : seulement trois ou quatre. C’est un repérage. Je me lève et m’habille hâtivement. Aujourd’hui, avec les enfants, il n’est vraiment plus possible de les accueillir. Trop de bruit. Trop de risques surtout.

Je sors. IL est là, revêtu de cuir, il chevauche sa moto rutilante et, comme je le prévoyais, il est flanqué de deux de ses sbires. Une blonde et une brune, comme à son habitude. Il s’arrête, le sourire qu’il me fait n’atteint pas ses yeux. Alors qu’il demande à son équipage de patrouiller le secteur ; je relâche ce souffle que je retenais sans le savoir. La confrontation va être rude :
– Tu ne peux pas, tu ne peux plus rester ici.

Encore un sourire et je ne peux m’empêcher de remarquer la régularité de ses traits, malgré la moustache et une barbe modérément fournie :
– C’est de plus en plus difficile de s’arrêter passer la nuit. Les terrains inoccupés deviennent rares. Là où nous bivouaquions, les propriétés sont maintenant clôturées…
– A qui la faute ? Vous êtes trop nombreux désormais. Le nombre augmente le risque de nuisances, de dérapages. Des accidents ont déjà eu lieu. Vous ne pouvez plus rester.

Cette fois, il ne sourit plus. Un regard mauvais s’affiche désormais.
– Tu ne peux pas m’empêcher...

Un mélange de peur et de colère explose. Malgré le bourdonnement des autres Harley non loin, en un instant, je deviens louve : protéger mes enfants est ma priorité. Ma voix se fait sifflante, cinglante, et une volée de bois vert accompagne mes propos. Mon regard s’est fait encore plus dur que le sien. A mon tour de le menacer de représailles, s’il persiste. Je m’attends à ce qu’il s’obstine mais il remonte sur son engin. Je retourne dans la maison et ferme à double tour. Le téléphone est dans ma main. Au cas où. J’entends à nouveau le ronflement des moteurs, il devient plus intense puis le bruit s’éloigne et cesse peu à peu…

Quand je me réveille, mon cœur bat la chamade. Je tente de me rendormir, j’y parviens mais les vrombissements sont de retour. Cela me réveille, surtout cela m’enrage : je suis encore enrhumée.

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