Un milieu hospitalier ?

En signant, il y a quelques semaines cette pétition en faveur de blouses CHU respectant la dignité des patients, je n’imaginais pas m’interroger sur l’intérêt d’une telle démarche sur le respect tout simplement.

En effet, dans un registre proche, j’ai été confrontée à la situation récurrente suivante : le personnel soignant, majoritairement féminin, à qui une personne âgée demande de l’aide pour se lever. Cette bécasse à l’intellect de l’amibe plutôt que de faire son travail (puisqu’après vérfication, elle est effectivement payée pour cela), cette bécasse disais-je lui a rétorqué sans détour : « ben faîtes-le vous-même !« . Elle le dit sans ambages à une vielle dame venant de se faire opérer du col du fémur pour la deuxième fois en deux mois.

Non, justement, si elle demande, c’est qu’elle ne peut pas.

Si elle est dans un établissement dit de convalescence/soins de suite, où manifestement grognasse de bas étage tu fais sembler de bosser (ne crois pas que je n’ai pas eu le temps d’observer que tu n’en ramais pas une) tout en prenant ton plaisir à mépriser voire humilier des personnes à l’âge vénérable, c’est justement qu’elle NE PEUT PAS se débrouiller seule.

Et n’oublie surtout pas, espèce de sous humaine, que si tu as un salaire c’est grâce à ces personnes qu’un jour tu deviendras peut-être et que si tu as un sale air, c’est que le vinaigre qui te sert d’eau de cologne, doit seulement être employé pour les cornichons.

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Chronique d’une mort annoncée

Il y eut une opération à cœur ouvert en novembre 2011. Tout semblait bien se dérouler depuis, les soins apportés produisaient leurs effets.  Les déplacements s’effectuaient avec la plus grande douceur afin de retarder voire d’éviter toute souffrance inutile. Les manipulations, dont il était autrefois l’objet par l’entremise de NumberOne, avaient stoppé.

Hélas, on m’avait avertiee. Sans prévenir, sans choc, il s’est fracturé, c’est grave une fracture ouverte à son âge. Là, je sais que c’est la fin.

Dell auto-del(ete)

La fin pour cet ordinateur de plastique qui aujourd’hui sent le sapin…

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Quand les idoles pètent un câble

… de guitare.

Accident spectaculaire ce soir en concert. Enivré par le succès, la bière, et très probablement les substances illicites, le chanteur raide fait faire un plat à sa guitare. Une image accablante.

Dans les backstages, on nous signale que la guitare (du gîte de noix) fut dans un premier temps passé au wok puis réservée (contrairement à son propriétaire). Une garniture aromatique composée de d’échalote, d’ail, de gingembre et de piment thaï fut alors jetée sans ménagement dans le wok. Cet épisode de courte durée (une à deux minutes) fut stoppé par l’ajout d’un trait de sauce soja puis, après récupération des sucs par celui d’un jus de citron vert. Puis la guitare fut à nouveau demandée pour un boeuf dans le wok pour s’imprégner des parfums pour être finalement saisie par le chanteur avec les dommages que l’on connait.

Ceci est ma participation (honteuse) au concours de Electromagère.

Nuit blanche pour bulles d’encre

Incrédule, je regarde la feuille A3 que vient d’afficher le professeur de dessin. Sur la page listant les 850 élèves de collège, figure mon nom : je suis sélectionnée avec dix-neuf autres pour le voyage à Angoulême. Moi. Je ne sais pas dessiner (vingt ans plus tard, hormis un escargot, un bateau et un bonhomme bâtons, je ne sais toujours pas), mais j’ai une petite idée sur ce qui a plu à ce cher enseignant : le message (peu avant le concours, il nous avait fait un laïus sur Amnesty International et ce fut le sujet de ma planche pour ce concours).

Le jour J arrive. Entassés cinq heures dans un car, une vingtaine d’élèves et quatre accompagnants arrivent enfin au festival. Nous sommes lâchés dans le hall du parc des expositions avec instruction de nous retrouver pour le déjeuner. Au cours de cette journée, nous croiserons un Jack Lang, en campagne pour sa rose, qui saluera chaque bipède en âge de voter ou non, nous verrons un Soleil Vert, Qui veut la peau de Roger Rabbit (et nous dormirons le lendemain devant Métal Hurlant) au cinéma et demanderons d’innombrables autographes à des dessinateurs qui refuseront d’apposer signature ou dessin à des gamins sans la moindre BD sous le coude.

Nous reprendrons le car, le soir, pour bivouaquer dans un gymnase que nous partagerons avec d’autres élèves. Installés sur des lits de camp, nous entendrons le couvre-feu intimé par les adultes qui s’installeront dans une pièce annexe. Nous poursuivrons nos discussions malgré les réguliers rappels à l’ordre de l’autorité. Finalement, c’est le geste désespéré de l’un d’entre qui aura raison de nous tous. Pensant s’introduire en toute discrétion, il installera un perroquet qu’il déguisera d’un manteau et d’un chapeau. Le fou-rire qui suivra nous emmènera jusqu’au petit matin.

J’aurais pu également évoquer la seule Nuit Blanche vécue sur Paris, mais là rien à faire, c’est le trou noir.
Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Première nuit blanche ».

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Dîtes-le avec des fleurs

(Mais dîtes-le vite !)

Plus bavarde qu’une pie, elle retient le vieil homme présent pour un simple renseignement, s’agrippe à lui. Les yeux presqu’affolés, il lance des SOS muets à qui pourrait le sauver. La cliente me précédent tente d’intervenir. En vain. La fleuriste, qui lui tourne ostensiblement le dos, a résolument jeté son dévolu sur le vieillard. L’homme parvient enfin à conclure cette mythique rencontre et à s’échapper. Las,  la créature le rappelle, lui glisse une rose blanche dans les mains assortie à une caresse à l’épaule. Il hoche la tête puis, courbé, poursuit son chemin

Au retour de la fleuriste, la cliente dépose le bouquet qu’elle avait choisi sur le comptoir et règle son achat sans mot dire.

Vient enfin mon tour, avant même que je ne la salue, elle lance :

– Pffff, quelle journée ! Hein ?

Je me suis quelque temps demandé ce qui avait pu l’épuiser ainsi, de si bon matin. J’ai finalement trouvé : un claquage de langue, non ?

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Mâle de mère

Ce matin-là, malgré l’épaisse couche nuageuse, une vingtaine de degrés se charge de nous rappeler qu’après tout, nous nous rapprochons de l’été. C’est dans cet esprit-là que je prépare un léger paquetage pour la journée de NumberOne.

8.10 : Bien qu’il soit levé depuis près d’une heure, il n’a toujours pas fini son petit-déjeuner. Je le houspille un peu, il se plaint de maux de ventre (imaginaires).

8.15 : Il s’assoit ou plutôt se vautre sur le sofa, le catalogue Playmobil dans les pognes et ne saisit un vêtement qu’au moment où je passe la tête dans l’entrebâillement de la porte.

8.20 : J’accélère la cadence en habillant directement l’insurgé, qui conteste mon choix vestimentaire :

– Tu veux vraiment que j’attrape un rhume de jambe !!!

 

Pas vraiment, non. Une recette pour qu’il soit aphone ?

C’est sûr, elle assure !

Hier après-midi, un appel de notre ancienne compagnie d’assurance a réveillé la maisonnée baignée dans une douce torpeur de printemps enfin arrivé.

–  Oui, bonjour ! Je suis Julie des Assurances Gevébien. Cela fait deux ans que nous n’avons plus de contacts avec vous et j’aimerais que nous prenions rendez-vous pour en discuter.

– Merci, mais ce ne sera pas nécessaire…

– Et vos deux véhicules…

– … sont également assurés, évidemment !

– Ah mais je vous rassure tout de suite, je ne pensais pas que vous n’étiez pas assurés.

J’ai à peine le temps de lui balbutier un « Merci, vraiment, vous me rassurez ! » avant de raccrocher, vaincue par le fou-rire qui me menaçait.

Et contre ça, je n’avais pas d’assurance.