La bicyclette bleue

34f56__4746639373_9114c61cd9_bC’est la première monture dont je me souviens.  Il y eut probablement un tricycle bien avant cette phase du premier « vrai » à roulettes mais son souvenir s’est estompé au fil du temps. Ce vélo d’un bleu ciel brillant était pourvu de roulettes qu’un jour on enleva. Mes genoux ont alors rencontré de nombreuses fois le bitume, j’ai en mémoire un renflement de l’enrobée qui à coup sûr me faisait chuter.
Cette écueil surmonté, j’ajoutais l’accessoire custom indispensable aux cyclistes de mon âge : la mise en place d’un système pétaradant en dotant les rayons d’une pince à linge au bout de laquelle se tenait une carte à jouer. Je m’y revois, vive comme l’éclair, fière de cet avertisseur chromé klaxonnant comme jamais dans le lotissement endormi.
Plus tard, à bord d’un autre vélo je fis de longues balades dans le village et ses environs, à la découverte de sentiers inconnus, de passages (oserais-je le dire ?) secrets tels que ceux décrits dans les péripéties du Club des Cinq qui me faisaient rêver. Je n’en ai jamais trouvé. Qui sait ? Peut-être me manquait-il Dagobert ? J’eu pourtant une aventure lors de mes nombreuses virées. Alors que je rentrais à la maison, par un fait je ne m’explique pas, je fis un soleil. Cette anecdote est toujours inscrite dans ma chair, le rayon qui s’était planté.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochkaCerysettedesboisLéia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine (dernière): « premier véhicule ».

De pied en cape

Dolly_dingles_Playmate_Marietta_SD’autant que je me souvienne, mon tout premier déguisement (si l’on passe outre les fringues bariolées des années 70) fut celui d’une indienne. Je me revois avec ma meilleure amie, immobile ou plutôt tentant de l’être alors que ma mère, férue de couture, ajustait la tunique à franges en suédine beige. Mon père et un voisin, excellents bricoleurs, avait bâti un manège éphémère dans le sous-sol de la maison. De la fête d’école qui a suivi, du spectacle élaboré par l’institutrice, aucune photo n’a traversé les temps. Je n’ai gardé que ces souvenirs si fugaces qu’ils me font l’effet d’un rêve persistant.
Plus tard, à l’occasion d’un mardi gras, aidée de mes cousins et cousines, j’ai dévalisé les vêtements des années 40 que ma grand-mère conservait précieusement dans une armoire sans âge. Notre projet était d’improviser un défilé dans la commune endormie. Le cortège d’une bande de cinq gamins au départ s’était rapidement allongé de quelques âmes, fantômes pour la plupart, mais je n’ai jamais oublié le regard radieux de mes grands-parents quand nous sommes rentrés vêtus de leurs habits, chapeaux et bérets.
Quoiqu’il en soit le dernier costume que j’eu l’occasion de porter, fut aujourd’hui : celui d’une blogueuse revenante. Après tout, quoi de plus (sur)naturel à Halloween ?
Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochkaCerysettedesboisLéia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « premier déguisement ».

Histoires de lunes

C’était un dimanche. Nous étions chez mes grands-parents paternels. Le dîner commençait par une soupe servie dans une assiette creuse crème à motifs en grès épais. Le tapioca, invariablement présent dans ce potage de légumes, me répugnait tant que j’ai encore aujourd’hui un rictus de dégoût à sa simple mention. J’étais assise à l’une de ces immenses tables de ferme en bois brut, à droite la cheminée ouverte, gigantesque pour l’enfant que j’étais, et à l’autre bout de la tablée trônait le poêle.

Dans cette maison d’un autre temps, il n’y avait pas de toilettes. Il fallait braver le froid pour se rendre dans une annexe en pierre dont l’odeur ne pouvait tromper personne, même par le plus grand des frimas.
Dans cette masure de pierres sèches, habitée par les araignées et autres insectes rampant et/ou volant, les yeux devaient progressivement s’habituer à l’obscurité pour s’installer sur un banc orné d’un trou.

C’était ainsi, l’éclairage n’était accessible que par les nuits de pleine lune.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « premier souvenir ».

Ces jours froids

Valloire. J’avais 7 ans et c’était mon premier séjour aux sports d’hiver. Mon premier séjour sans mes parents. De ce séjour, je retiens outre l’inévitable odeur de pâté parfumant l’étriqué compartiment couchettes, ces fichtres barres de métal tout aussi praticables que les chaussures épiques, la neige que j’embrassais régulièrement. Involontairement.

Mais la nouveauté qui m’avait impressionnée, c’était l’hôtel-restaurant où nous étions logés. Des heures interminables à attendre les plats au restaurant, mon irrévocable lenteur à manger les plats (au point que l’on se demandait si je ne multipliais pas les plats alors que je me  contentais des gamelles), de la froideur du personnel avec les enfants, le climat,  ou était-ce parce qu’un jour, je suis sortie de table en renversant l’un des serveurs et les plats qu’il apportait enfin ? Toujours est-il que c’est ainsi que je fis la différence entre hôtelier et hospitalier.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « premier séjour à l’hôtel ».

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Bouh !

S’il y a une fête que je n’ai jamais adoptée, c’est Halloween. Ce n’est pas tant le folklore plutôt sympathique d’une abondance de courges et cucurbitacée se baladant ou stationnant dans les rues. Non. C’est plutôt l’enveloppe marketing qui l’entoure, les déguisements qui ne tiendront pas plus longtemps qu’une soirée, les bonbons de qualité médiocre et, pour certains, l’angoisse de devoir manger des citrouilles, potirons et consorts.

Alors bien évidemment, j’ai cédé. Dans un premier temps, j’ai acheté les bonbons pour les enfants qui passeraient à la maison. Treats or Tricks. Aucun n’est passé. Des petits malins en revanche se sont amusés à décorer les maison des alentours. Au lancer d’oeufs. Treats or Tricks, ils ont choisi. Par chance, ils n’étaient pas pourris. Ils n’avaient probablement pas eu l’envie de patienter, du moins c’est ce que les policiers de ronde ont indiqué dans le journal. C’était futé : l’année suivante, ils auraient suivi ces astucieux conseils… s’ils avaient su lire.

Et chez vous ? Est-ce l’occasion de faire la fête ou la soupe à la grimace ?

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La petite marchande

Plus que chez la boulangère qui n’aimait pas les enfants (bien que nous étions quelques-uns à ânonner « un pain de deux, s’il vous plaît, madame »), c’était une devanture d’autrefois, à la peinture jaunâtre décrépite devant laquelle se massaient les bambins. Dans cette minuscule épicerie d’un autre âge, les étagères en bois soutenaient quelques boîtes de conserves disparates, deux petits paquets de lessives et quatre à cinq bonbonnières qui nous faisaient briller les yeux.

Le gérant, un vieux bonhomme de 70 ans, la casquette invariablement vissée sur la tête, nous accueillait, jovial. Je me souviens d’un jour où mes parents m’avaient donné l’appoint pour le pain. Refusant de passer sans avoir le bénéfice de quelques douceurs, je lui remis avec aplomb des piécettes issues d’un jeu de marchande en désignant l’objet de mon choix. Les rides qui ornaient son visage se sont accentuées pour laisser place à un sourire amusé.

Bon comme du bon pain, il ouvrit la bonbonnière et me tendit le caramel. Je suis ressortie du lieu avec mon butin. Cet homme-là n’était pas méchant pour un sou.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Premier achat ».

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Moving-out !

En ce temps-là, j’habitais un cocon all-inclusive où les prestations m’étaient idéales (nourriture, activités et même piscine privative). Un beau jour d’octobre 73, sans que qui que ce soit m’en fasse part, je l’ai su. Le déménagement était programmé. Un nouveau lieu, de nouvelles fréquentations et bien entendu, de nouvelles règles de vie qui diffèreraient en partie en comparaison des services offerts jusqu’à lors. Une nouvelle vie m’attendait.

Certes, je m’y suis préparée, je me suis frayé un chemin et j’ai aimé l’accueil qui me fut réservé. Oh, tout ne fut pas rose ! Mes yeux se sont souvent baignés de larmes lorsque j’étais incomprise. J’ai appris les codes. Je me suis initié à la marche, puis au langage dans un charabia seulement compréhensible de mes parents.

Un premier déménagement impressionne toujours même si celui-ci, chacun l’a vécu, non ?

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Premier déménagement ».

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