Plus vite, plus fort, plus haut ?

S’il est un programme que je goûte peu voire pas, ce sont les Jeux Olympiques en particulier. En fait, ce programme m’est tout aussi fondamental que le trombone dans la poche de Pierre Desproges.  En fouillant ma mémoire, aucune épreuve, aucune performance ne s’impose. Elles restent toutes, pour moi, anonymes. Cependant, je me souviens de quelques bribres de la folle cérémonie d’ouverture des J.O. qui furent organisés à Albertville (probablement grâce à Carole qui m’avait si gentiment offert une invitation à l’exposition Opticon).

En revanche, cette nuit, il m’est venu une idée. Peut-être faudrait-il inventer de nouvelles disciplines comme celui qui twitte le plus drôle, le plus retwitté, le plus polémique ? Toujours est-il que si la discipline du rattrapage de capsule de bière (avec l’orteil) et le rattrapage d’ordinateur au vif (alors que l’on est profondément endormie) sont instituées, j’ai toutes les chances de devenir championne olympique.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Les premiers Jeux Olympiques ».

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Les vacances

Quand j’étais loupiote, mes parents partaient pour le sud et les premières dont je me souviens ont eu lieu dans un camping qui s’appelle, encore aujourd’hui, Paris-Roussillon à la périphérie d’Argelès-sur-Mer.

De cette époque, je me souviens de la caravane pliante en toile dont les coloris étaient marron/orangé (semblable à celle-ci). Il y avait deux couchages distincts : à gauche en entrant se trouvait le mien et celui de celle qui allait devenir ma cadette. Elle dormait à à mes pieds dans un lit en toile type parapluie, moi coincée dans un sac de couchage avec une couverture afin que je ne chute pas durant la nuit.

Le soir venu, nous les enfants allions aux aires de jeux pendant que les parents faisaient traîner appéros et barbecues. Entre les rires mal étouffés et les conversations non chuchotées, nous entendions la clameur d’un jeu avec des vaches landaises sans la voix de Léon, ni celle de Guy. Il se racontait qu’il s’agissait de taureaux qui si nous les approchions avaient la faculté de nous emporter. Lorsque la fin des vacances approchaient, nous allions au restaurant, le seul de l’été (le seul de l’année) si l’on excepte la glace dégustée le dernier soir. 

Cependant, la scène qui me revient avec le plus d’acuité était si récurrente qu’un simple concours de circonstances semble aujourd’hui impossible : la chaise maudite, celle qui ploie puis se déchire sous le poids, celle qui se dérobe, qui s’enfonce inexorablement et celle qui refuse obstinément de s’ouvrir, de celle qui ne laisse la place qu’entre deux.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Les premières vacances ».

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Ce sera un double pour moi !

Cela aurait pu être dimanche soir. Nous étions arrivés le matin-même dans la maison de papier beau-parentale. Chacun vaquait à ses occupations. NuméroBis écrivait le prochain livre PPDestre (c’est-à dire avec ses pieds), sans fautes. NumberOne s’interrogeait sur l’intérêt, ou non, de parler du Mont Fuji voire de superposer deux tartines nutellatées pour son dessert. Dès que les enfants furent couchés, soudainement, la coupure trop nette, trop abrupte du cordon qui me relie au monde 2.0 (inacessible depuis la maison) fut insupportable. Dans un élan de commisération maritale, mon Demi me prêta ce que j’avais tant décrié : l’iPad. Alors, bien évidemment, ma pensée va à ceux et celles qui se paluchent des billets entiers sur ce missel électronique. Je leur voue depuis une pieuse admiration.

Cependant, la dernière fois où j’ai fait quelque chose pour la première fois, ce fut hier soir. Une rencontre avec Cathy du blog Ecrits & délices. Je montais dans la rue travot qui mène au remblais de notre lieu de villégiature, elle venait à ma rencontre. Plus tard, confortablement installées dans un bar du remblais des Sables, nous avons observé, éberluées, passer un lapin rose. Comme un seul homme, l’oeil rivée sur notre consommation, nous avons eu cette réflexion : « tant que ce n’est pas un éléphant rose, on continue« .

Ce n’était pas la première fois que je rencontrais quelqu’un des Premières Fois, je forme le vœu que ce ne soit pas la dernière.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « La dernière fois que j’ai fait quelque chose pour la première fois ».
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Les liaisons dangereuses

Écrire a toujours été laborieux. Le simple apprentissage de l’écriture fut un long chemin jonché d’épines. Je me souviens qu’en CP, les « a » que je formais étaient d’une longue queue. J’écrivais systématiquement « cachier » en lieu et place de « cahier« . Ce trait innocent enragait mon instituteur et m’a valu de nombreux tirages de cheveux et coups sur les doigts lesquels sont, nous le savons aujourd’hui, absolument inutiles pour la pratique.

De cet enseignement, j’ai conservé une écriture très aléatoire qui peut, parfois, m’empêcher de lire mes propres gribouillis jetés sur le calepin m’accompagnant au quotidien.

C’est ainsi que, si l’on excepte mes manuscrits purement scolaires ou épistolaires, ma première composition fut rédigée sur un ordinateur. Elle ne fut jamais publiée ; l’ancêtre technologique l’a précieusement conservée dans ses 40 MO de disque dur (à moins que ce ne soit sur un disque 5 pouces 1/4).

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Premier écrit ».

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À deux mains

Je ne me souviens pas particulièrement des activités bricolage réalisées en classe pour la fête des mères ou des pères. Je ne sais d’ailleurs plus qui a eu la grande joie de recevoir la merveilleuse empreinte en plâtre de ma main gauche (moulée dans une boîte de camembert et colorée par mes soins en marron). Je me rappelle cependant que le hasard, qui fait parfois bien les choses, a voulu qu’il se casse dans les deux semaines suivant l’offrande.

Plus tard, un instituteur ambitieux eut l’idée saugrenue de nous initier au canevas. Encore aujourd’hui, j’ai des secousses de rire teintées de compassion en pensant au nombre de fois où il est intervenu sur mon ouvrage ainsi que celui de mes collègues de cellule. Curieusement nos successeurs n’ont pas eu l’heur de découvrir cette activité.

Il y a quelques années, je m’étais prise de passion pour la mosaïque. Après avoir étudié le sujet, je me suis lancée : l’une de mes réalisations représentait l’archipel de la Guadeloupe en pâte de verre. J’étais ravie du résultat… jusqu’à l’apposition du joint. L’ouvrage doit aujourd’hui servir de rampe d’exercices aux araignées de Karukéra. Ma deuxième œuvre fut une chenille chapeautée sur une pomme rouge dont j’avais accentué les rondeurs avec des coloris choisis avec soin. Elle était destinée à la chambre d’un petit neveu. Quelle ne fut ma surprise quand, à l’occasion d’une visite, j’aperçus le fruit qui avait demandé de longues journées de travail servir comme banal dessous de plat, sur la table de la cuisine.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Première composition artistique ».

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Nuit blanche pour bulles d’encre

Incrédule, je regarde la feuille A3 que vient d’afficher le professeur de dessin. Sur la page listant les 850 élèves de collège, figure mon nom : je suis sélectionnée avec dix-neuf autres pour le voyage à Angoulême. Moi. Je ne sais pas dessiner (vingt ans plus tard, hormis un escargot, un bateau et un bonhomme bâtons, je ne sais toujours pas), mais j’ai une petite idée sur ce qui a plu à ce cher enseignant : le message (peu avant le concours, il nous avait fait un laïus sur Amnesty International et ce fut le sujet de ma planche pour ce concours).

Le jour J arrive. Entassés cinq heures dans un car, une vingtaine d’élèves et quatre accompagnants arrivent enfin au festival. Nous sommes lâchés dans le hall du parc des expositions avec instruction de nous retrouver pour le déjeuner. Au cours de cette journée, nous croiserons un Jack Lang, en campagne pour sa rose, qui saluera chaque bipède en âge de voter ou non, nous verrons un Soleil Vert, Qui veut la peau de Roger Rabbit (et nous dormirons le lendemain devant Métal Hurlant) au cinéma et demanderons d’innombrables autographes à des dessinateurs qui refuseront d’apposer signature ou dessin à des gamins sans la moindre BD sous le coude.

Nous reprendrons le car, le soir, pour bivouaquer dans un gymnase que nous partagerons avec d’autres élèves. Installés sur des lits de camp, nous entendrons le couvre-feu intimé par les adultes qui s’installeront dans une pièce annexe. Nous poursuivrons nos discussions malgré les réguliers rappels à l’ordre de l’autorité. Finalement, c’est le geste désespéré de l’un d’entre qui aura raison de nous tous. Pensant s’introduire en toute discrétion, il installera un perroquet qu’il déguisera d’un manteau et d’un chapeau. Le fou-rire qui suivra nous emmènera jusqu’au petit matin.

J’aurais pu également évoquer la seule Nuit Blanche vécue sur Paris, mais là rien à faire, c’est le trou noir.
Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Première nuit blanche ».

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Au suivant !

Je suis la jupe plissée qui nous conduit dans une petite pièce. Là, patientent plusieurs personnes, assises sur des chaises noires en bakélite. Au centre, une table assortie supporte quatre piles de magazines vers lesquels je me dirige en espérant y découvrir un livre de mon âge : pas de Martine, ni d’Astérix… Rien. Tout est pour les grands qui semblent lire vite, très vite.

Je joue avec ma sœur de deux ans mais nos jeux agacent et je suis sommée de me taire, de me tenir tranquille. La porte s’ouvre et un personnage en blouse blanche et à lunettes épaisses accueille l’un des adultes à lecture supersonique. Quand je m’assois enfin, mes jambes entament immédiatement un mouvement de balancier. Je trompe l’ennui en comptant les empreintes laissées par les chaises sur la moquette marron. Deux à trois mouches semblent attirer l’attention d’une araignée juchée sur sa toile, établie dans un coin de moquette murale orange. L’une des lames verticales du store beige, malgré les efforts répétés d’un patient, refuse ostensiblement de suivre le pas de ses jumelles. Au loin, quelques petits immeubles en chantier détonnent avec les maisons en pierre du centre-ville. La porte s’ouvre à nouveau et je me demande ce qu’est devenue la personne entrée quelques minutes (heures ?) plus tôt.

Puisque vous l’avez désormais en tête, voici la reprise par M, dans une version plus rock que la chanson originale de Monsieur Jacques Brel.

Deux autres personnes saluent d’une poignée de main l’homme à lunettes. Lorsque, une éternité et demie plus tard, ce sera notre tour, il se contentera de me sourire. Armé de son stéthoscope et de ses mains froides, il s’assurera de mon état de santé et je ressortirai avec une friandise pour « ma bonne conduite».

25 ans plus tard, j’ai travaillé pour ce médecin.

Par bonheur, il ne m’a plus jamais donné de sucettes.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « Première visite chez le pédiatre ».

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