Cache-sexe

C’était un matin comme les autres. Mon Demi se douchait et je préparais tranquillement le petit-déjeuner : cacao et tartines pour les garçons, un Earl-Grey pour moi.  J’ai ouvert les volets pendant que le grille-pain œuvrait (blanc ou brûlé) puis j’ai avalé quelques gouttes de thé brûlant. Je m’apprêtais à aller chercher NuméroBis dans sa chambre quand ce dernier a surgi, dressé devant moi :

– Hé ! Maman ! T’as vu ma queue ? Elle est belle, hein ?

– Quoi ? On ne se dit pas bonjour avant ?

– Siiiiii ! Bonjour Maman !

 

 

Il plante un baiser sur mes joues et, drapé dans sa duvette trop grande malgré ses presque trois ans d’alors, il poursuit :

– Maman, alors tu l’as vue ma belle queue de sirène ?

 
 
 
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Finding NumberOne…

C’est le billet de Sabine qui m’a remémoré cet épisode.

Quand NumberOne était encore en âge d’aller à la crèche, il était passionné par le milieu marin (il est toujours intéressé par ailleurs). À peine âgé de 3 ans, il nommait de nombreuses créatures sous-marines comme les rascasses, différentes espèces de requins, les crabes et surtout les tortues.

Cette année-là, pour son anniversaire, nous étions allés à l’Aquarium de Brest. Outre les gigantesques bassins débordant de vie,  réunissant la plupart des personnages de Némo et plus encore, ce qui avait retenu l’attention de NumberOne, c’était les tortues. Il avait d’ailleurs une manière bien à lui de les nommer :

– Mamaaaaaaaan, ‘gade couillues !!!!!

– Oui, c’est bien, NumberOne, c’est une tortue…

Bien entendu, il ne s’est pas arrêté là. Enthousiaste comme jamais, il a partagé sa découverte avec tous les visiteurs de ce vaste aquarium…

Ce soir est ce soir !

Ce soir, c’était hier soir. Ce soir, j’ai rajeuni de 20 ans. Ce soir, j’avais 18 ans moins deux jours (important ça). Mon dos, lui, a vieilli de 20 ans en attendant le groupe. Pourtant, nous avions pris des places de 1ère catégorie, justement, pour épargner le dos de mon Demi. Mention « peut mieux faire » pour le Liberté de Rennes dont la récente et importante rénovation nous a coincés à la dernière rangée, là où les sièges, dont le dossier n’est pas dans l’axe de la scène, offrent à peine 30 cm pour les jambes, là où le son est toujours médiocre, dommage.

Mais ce soir j’étais au concert d’une partie du groupe mythique Téléphone. Étaient présents : Jean-Louis Aubert en tête d’affiche, mais également son acolyte, batteur pitre et génial, Richard Kolinka. Un concert par tiers : 1/3 du dernier album, 1/3 des titres à succès des albums précédents et 1/3 de titres de Téléphone (Argent trop cher, Le jour s’est levé, ça c’est vraiment toi !, Un autre monde).

Ce soir, j’en ai profité : j’ai chanté, j’ai crié, j’ai dansé, j’ai transpiré, j’ai oublié, j’étais transportée. Pendant une heure, j’étais la seule à danser debout parmi les places de 1ère catégorie.

Si vous avez vu une ado d’une petite quarantaine d’années se trémousser seule hier soir, c’était moi…

 

Edit : je l'avoue, j'ai regretté de ne pas avoir un smartphone pour partager quelques images
ou quelques vidéos avec vous...

2 fois 365

Elle a

  • Fait ses nuits à 3 mois (puis à 7)
  • Marché sur ses genoux : 3582 fois (à ma connaissance technique unique de transition entre le quatre pattes et la marche)
  • Tenté de me faire les poches pendant la tétée : 7 fois (y a trouvé une dosette de sérum physiologique 2 fois, un crayon 1 fois)
  • Réussi à dire « oui » après 872 « non »
  • Tenté de sauter : 50 fois (réussi zéro, convaincue de son succès 50 fois)
  • Fait « chut !» alors que je la sermonnais : 4 fois
  • Lancé les vêtements de NumberOne à ce dernier qui refusait obstinément de s’habiller : 3 fois
  • Envoyé un bisou à la vendeuse en sortant d’une boutique : à chaque fois
  • Réclamé un chocolat en plus du sien pour son frère : 10 fois (sans le manger 7 fois)
  • Fait la moue quand elle sait qu’elle est fautive : à chaque fois
  • Réussi à se passer d’une couche pendant 2h30 : une fois
  • Fait en sorte que tout le monde soit servi : à chaque fois
  • Réussi à mettre son pantalon toute seule : 3 fois
  • 2 fois 365 jours aujourd’hui

J’en suis fière…

Faits et méfait – délit flagrant

Première partie

Il est 4 h du matin : mon appel est immédiatement pris en charge par un message d’attente. Posée contre le rebord de la baignoire, j’attends de longues minutes tout en m’interrogeant sur ce contre-temps malvenu : Pause café ? Attentat terroriste ? Cambriolage à l’Élisée ? Défilé de nudistes sur la 118 ? Un humain écourte enfin la supplique du téléphone. En quelques mots, j’énonce les faits : l’immeuble comme déserté en ce mois d’août, la certitude que le logement attaqué était inoccupé depuis une semaine, le bris de glace, les chuchotements étouffés… Il m’écoute, demande l’adresse, les moyens d’accès, le nombre d’intrus. Je le renseigne : possibilité d’accès côté avenue (entrée piéton) et rue (entrée du parking souterrain et aux terrasses situées au premier étage). Je suis indécise quant au nombre de malfaiteurs, deux j’en suis certaine, plus c’est envisageable mais impossible de le certifier, même en m’approchant du balcon, plus tremblante qu’une feuille au mois d’automne. Il m’indique qu’il va envoyer deux équipes, l’une par le nord (à laquelle je devrais ouvrir), l’autre fera de la varappe par le front sud. J’attends à nouveau.

La sonnerie de la porte d’accès résonne dans l’appartement et réussit l’exploit de réveiller mon dormeur du val. À distance, j’ouvre aux policiers pendant que mon Demi me chuchote qu’il croit avoir entendu le retour des occupants légitimes plus tôt dans la nuit. Il descend néanmoins pour conduire l’équipe jusqu’à l’appartement. J’entends soudain « Police ! Ouvrez ! » et je suis soulagée de ne pas entendre de coups de feu. Quand il revient, il me dit qu’ils sont venus en force : trois voitures, neuf policiers, pour découvrir une baie vitrée détruite et sur la terrasse, médusé et en caleçon à fleurs, mon voisin dans son hamac !

Faits et méfait

Nous habitions alors en région parisienne et, à cette époque-là, il faisait beau et chaud en été (d’autant plus que l’appartement donnant uniquement plein sud, il nous était impossible d’aérer ). Les faits se sont déroulés au mois d’août et en bons samaritains, nous veillions sur l’appartement d’une voisine pendant ses congés. Je me rappelle que ce jour-là, j’avais arrosé les plantes de sa terrasse, et, le temps d’une pause fraîcheur, j’avais remarqué de nombreux logements inhabités. J’en avais parlé à mon Demi lors du dîner puis nous nous sommes couchés en laissant les portes-fenêtres ouvertes, à l’affût d’une brise qui ne viendrait pas.

Plus tard dans la nuit, j’entends le fracas d’une vitre, puis des chuchotements agacés provenant d’une terrasse. Je tente de réveiller mon Demi sans bruit, sans succès hélas. Je réfléchis le téléphone à la main, les doigts positionnés sur le un et le sept, je fais une nouvelle tentative en direction du dormeur ; il reste imperturbable. Résignée, je finis par me faufiler dans la salle de bain et composer le numéro pour contacter les perdreaux.

Il est 4 h du matin : mon appel est immédiatement pris en charge par un message d’attente.

La suite, c’est par ici…

Pression

La scène se déroule dans la maison où les protagonistes sont réunis. Par une belle journée de juin, nous fêtons, en famille, les 3 ans de NumberOne. Nous sommes tous heureux de nous retrouver et j’observe du coin de l’œil mon fils embrasser les arrivants, avec un bonus câlin pour certains privilégiés, dont ses grands-parents qui à leur tour le serrent dans leurs bras… Trop peut-être pour l’un d’entre eux puisque j’entends alors une petite voix :

– Arrête Papy ! Tu vas me dégonfler !!!