Histoires de lunes

C’était un dimanche. Nous étions chez mes grands-parents paternels. Le dîner commençait par une soupe servie dans une assiette creuse crème à motifs en grès épais. Le tapioca, invariablement présent dans ce potage de légumes, me répugnait tant que j’ai encore aujourd’hui un rictus de dégoût à sa simple mention. J’étais assise à l’une de ces immenses tables de ferme en bois brut, à droite la cheminée ouverte, gigantesque pour l’enfant que j’étais, et à l’autre bout de la tablée trônait le poêle.

Dans cette maison d’un autre temps, il n’y avait pas de toilettes. Il fallait braver le froid pour se rendre dans une annexe en pierre dont l’odeur ne pouvait tromper personne, même par le plus grand des frimas.
Dans cette masure de pierres sèches, habitée par les araignées et autres insectes rampant et/ou volant, les yeux devaient progressivement s’habituer à l’obscurité pour s’installer sur un banc orné d’un trou.

C’était ainsi, l’éclairage n’était accessible que par les nuits de pleine lune.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : « premier souvenir ».

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