La muse et moi

Il fut un temps où j’écrivais un billet chaque jour. Les mots dansaient, s’ajoutaient presque par magie sur la page. Puis, un triste jour, l’inspiration est partie. Avec une âme douce, elle s’est envolée. Les sujets restaient pourtant toujours présents, mais les mots refusaient de se coucher sur cette page obstinément blanche. Une grève des mots qui camouflait les maux. A bout de souffle.
 
L’inspiration est une salope, une allumeuse. Telle une anguille, elle s’échappe aux moments propices pour mieux nous surprendre ailleurs. Quand bébé pleure, quand vient l’heure de la préparation du repas, quand la maison est emplie d’invités… Elle fait son apparition. La mienne ressurgit essentiellement quand je conduis.Telle une belle-mère envahissante, elle pousse le vice à se manifester quand je suis en retard. Perfide, elle hait le réchauffé, et pour peu que j’ai la présence d’esprit de lancer le Dictaphone présent sur l’iphone, elle se dérobe à nouveau. L’inspiration a besoin du léger cliquetis que fait le clavier sous la danse de mes doigts. Elle se refuse aux carnets que je tente pourtant de garnir, quelques mots y sont jetés mais sans saveurs sans piments. Fades.
 
Alors ? Alors peut-être est-il venu le temps de refermer un lieu qui prend irrémédiablement de plus en plus la poussière ?
 

Fin novembre

Cambroussienne:

Il y a des combats qui peuvent se gagner avec des mots.

Pour contrer ces maux, je laisse parler Mentalo.

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La clé tourne doucement dans la serrure et elle se raidit, imperceptiblement. L’enfant dans ses bras fige son sourire et l’interroge de ses yeux muets, si verts, les mêmes que ceux de sa mère.

Il entre. L’enfant est prête, elle l’embrasse et la pose dans sa coque, l’harnache, se concentre sur la tâche pour ne pas penser, surtout ne pas penser, ne pas trembler, ne pas lui montrer qu’elle a peur.

Elle va dans la cuisine chercher les biberons, les petits pots qu’elle a préparés pour le week-end. Il la suit, s’arrête dans l’ouverture de la porte. Elle veut ressortir, il ne bouge pas. Elle ne comprend pas. Il ne dit rien. Machinalement, elle protège son visage d’une main, pendant que l’autre tient le petit sac isotherme, et passe la porte, alors qu’il ne bouge toujours pas.

Sa main s’abat, et avec lui la puissance de son bras. Il a cru qu’elle…

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La bicyclette bleue

34f56__4746639373_9114c61cd9_bC’est la première monture dont je me souviens.  Il y eut probablement un tricycle bien avant cette phase du premier "vrai" à roulettes mais son souvenir s’est estompé au fil du temps. Ce vélo d’un bleu ciel brillant était pourvu de roulettes qu’un jour on enleva. Mes genoux ont alors rencontré de nombreuses fois le bitume, j’ai en mémoire un renflement de l’enrobée qui à coup sûr me faisait chuter.
Cette écueil surmonté, j’ajoutais l’accessoire custom indispensable aux cyclistes de mon âge : la mise en place d’un système pétaradant en dotant les rayons d’une pince à linge au bout de laquelle se tenait une carte à jouer. Je m’y revois, vive comme l’éclair, fière de cet avertisseur chromé klaxonnant comme jamais dans le lotissement endormi.
Plus tard, à bord d’un autre vélo je fis de longues balades dans le village et ses environs, à la découverte de sentiers inconnus, de passages (oserais-je le dire ?) secrets tels que ceux décrits dans les péripéties du Club des Cinq qui me faisaient rêver. Je n’en ai jamais trouvé. Qui sait ? Peut-être me manquait-il Dagobert ? J’eu pourtant une aventure lors de mes nombreuses virées. Alors que je rentrais à la maison, par un fait je ne m’explique pas, je fis un soleil. Cette anecdote est toujours inscrite dans ma chair, le rayon qui s’était planté.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochkaCerysettedesboisLéia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine (dernière): "premier véhicule".

De pied en cape

Dolly_dingles_Playmate_Marietta_SD’autant que je me souvienne, mon tout premier déguisement (si l’on passe outre les fringues bariolées des années 70) fut celui d’une indienne. Je me revois avec ma meilleure amie, immobile ou plutôt tentant de l’être alors que ma mère, férue de couture, ajustait la tunique à franges en suédine beige. Mon père et un voisin, excellents bricoleurs, avait bâti un manège éphémère dans le sous-sol de la maison. De la fête d’école qui a suivi, du spectacle élaboré par l’institutrice, aucune photo n’a traversé les temps. Je n’ai gardé que ces souvenirs si fugaces qu’ils me font l’effet d’un rêve persistant.
Plus tard, à l’occasion d’un mardi gras, aidée de mes cousins et cousines, j’ai dévalisé les vêtements des années 40 que ma grand-mère conservait précieusement dans une armoire sans âge. Notre projet était d’improviser un défilé dans la commune endormie. Le cortège d’une bande de cinq gamins au départ s’était rapidement allongé de quelques âmes, fantômes pour la plupart, mais je n’ai jamais oublié le regard radieux de mes grands-parents quand nous sommes rentrés vêtus de leurs habits, chapeaux et bérets.
Quoiqu’il en soit le dernier costume que j’eu l’occasion de porter, fut aujourd’hui : celui d’une blogueuse revenante. Après tout, quoi de plus (sur)naturel à Halloween ?
Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochkaCerysettedesboisLéia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : "premier déguisement".

Terreur nocturne

terreur nocturne nuitC’est la nuit qu’IL se manifeste … Dans un premier temps par un coup sourd puis deux, viennent ensuite quelques bruits étouffés. J’entends le clapotis de l’eau… Le silence règne alors à nouveau dans ce lieu habituellement si chaleureux mais devenu tout à coup hostile, il fait noir mais je devine le jour qui pointera bientôt.  Je ne bouge pas et intime l’ordre à mon Demi d’en faire autant (c’est inutile ; il dort encore, lui). J’espère que ses ronflements ne vont pas être entendus. Tout mouvement ou son peut LE réactiver… Je regarde l’heure, il est 5h00 cette fois-ci, parfois il est plus tôt encore, quelques trop rares fois plus tard. Tout à coup, l’inquiétude m’envahit ; un besoin primaire m’oblige à sortir de mon refuge, je tente de retarder l’inéluctable, je table sur vingt minutes voire une demi-heure de sursis mais je sais déjà que c’est peine perdue.  

Avec d’infinies précautions, je m’extirpe du lit chaud et moelleux et pose un pied sur le carrelage froid.  Je frissonne, je ne parviendrai pas à me rendormir… si je m’en sors…   J’en profiterai pour lire quelques blogs. Je jette ce que je sais être un dernier regard à mon Demi toujours dans les bras de Morphée et inconscient de la menace tapie là, quelque part dans l’ombre, et sors sans bruit. J’évite d’appuyer sur l’interrupteur, la lumière peut L’attirer, malheureusement pour moi une petite voiture, dont le retour aux stands ne s’était pas négocié comme prévu, termine sa route sous mon pied nu.  Je repense aux cours d’accouchement pour gérer la douleur et tente d’haleter façon petit chien comme on le voit dans les films, sans succès ; mon pieds me lance (elles sont pointues ces saletés de caisses). Je m’immobilise soudainement, tous mes sens en éveil, le doute n’est plus permis : aussi discret qu’un rhinocéros virevoltant sur de la musique classique, IL est sorti de son repère…    

J’éteins la lumière de la plus petite pièce de la maison et ferme les yeux, plus un bruit… Au bout de 10 minutes, je ressors avec des fourmis sous les genoux. IL est là, en bas de l’escalier, près à bondir sur sa proie :

-  Maman, est-ce que je peux me lever, s’il te plaît ?

- Non, NumberOne, il faut te recoucher et encore dormir…

 

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Ce billet fut mon premier, il y a deux ans. Je l’avais écrit à la demande d’une blogueuse qui s’est fait anonyme depuis (bises à toi LMJ, si par désoeuvrement tu me lis).

Une nuit ordinaire

Elle se leva en soupirant. C’était la quatrième fois cette nuit. Elle enfila ses chaussons puis, à pas de loups, elle se dirigea vers les chambres des enfants. À tâtons, elle chercha l’interrupteur de la veilleuse, nettoya l’enfant malade d’un gant imbibé de lotion, le déplaça sur une chaise et entreprit de changer les draps. Sa tâche accomplie, elle y allongea l’enfant, déposa un baiser sur ses yeux fiévreux et sortit de la pièce.

Elle ouvrit doucement la porte de la cadette. Comme à son habitude, cette dernière s’était endormie en faisant fi de la couette pourtant indispensable en cette saison. Elle couvrit la petite en s’assurant que les pans de la couverture retombe largement de chaque côté du lit. Elle embrassa la petite tête brune et, sur la pointe des pieds, retourna à sa chambre.

Le lendemain matin, sa compagne s’étonnera que les enfants ne se soient pas manifesté cette nuit. Elle sourira en pensant à ses collègues évoquant le syndrome de la surdité nocturne typiquement masculin.

Une nuit ordinaire en somme

Note de sévices

Chers monsieur et madame Virus,

Nous nous côtoyons jours et nuits depuis peu mais je suis au regret de vous demander de bien vouloir me lâcher la grappe une demi-douzaine heures par 24 h, la nuit (non négociable). J’attire votre attention sur le détail que votre hôte doit rester en vie pour assurer la prolifération de votre espèce.

En vous remerciant,
Ou pas.

Cambroussienne au pays des catarrheux