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Elle se leva en soupirant. C’était la quatrième fois cette nuit. Elle enfila ses chaussons puis, à pas de loups, elle se dirigea vers les chambres des enfants. À tâtons, elle chercha l’interrupteur de la veilleuse, nettoya l’enfant malade d’un gant imbibé de lotion, le déplaça sur une chaise et entreprit de changer les draps. Sa tâche accomplie, elle y allongea l’enfant, déposa un baiser sur ses yeux fiévreux et sortit de la pièce.

Elle ouvrit doucement la porte de la cadette. Comme à son habitude, cette dernière s’était endormie en faisant fi de la couette pourtant indispensable en cette saison. Elle couvrit la petite en s’assurant que les pans de la couverture retombe largement de chaque côté du lit. Elle embrassa la petite tête brune et, sur la pointe des pieds, retourna à sa chambre.

Le lendemain matin, sa compagne s’étonnera que les enfants ne se soient pas manifesté cette nuit. Elle sourira en pensant à ses collègues évoquant le syndrome de la surdité nocturne typiquement masculin.

Une nuit ordinaire en somme

Note de sévices

Chers monsieur et madame Virus,

Nous nous côtoyons jours et nuits depuis peu mais je suis au regret de vous demander de bien vouloir me lâcher la grappe une demi-douzaine heures par 24 h, la nuit (non négociable). J’attire votre attention sur le détail que votre hôte doit rester en vie pour assurer la prolifération de votre espèce.

En vous remerciant,
Ou pas.

Cambroussienne au pays des catarrheux

Lessivée

Je ne sais plus quand tout a commencé. J’imagine que les premiers jours furent idylliques. Comment souvent. Puis ça a dégénéré. Chaque tâche devenait de plus en plus ardue, demandait plus de temps, plus il y a eu ces arrêts inopinés. Quelle attitude adopter ? J’ai demandé conseil, on m’a envoyé quelqu’un. Sans réels résultats. Alors ce soir, quand de nouveau les trente minutes de lavage se sont mutées en près de deux heures, quand le linge est ressorti encore trempé alors que l’essorage était à 1400 tours. Ce soir, j’ai eu une furieuse envie de passer un savon à ma machine.

Poulets au vinaigre

"je n’y suis pour rien, cela arrive quand la salade est trop vinaigrée".

Voilà ce que "notre" Gégé ex-national a déclaré aux forces de l’ordre lors d’un contrôle d’alcoolémie. Faisons taire les langues de vipère qui doutent que ses repas soient composés de salades et gageons plutôt que celle servie aux poulets fût largement goûtée.

Depardieu serait-il une fine mouche ? Je vous laisse le soin de décider quoiqu’il en soit il mérite largement que lui soit décerné le César de la salade.

Crise de foi

Je m’en souviens comme d’hier. Malgré les travaux à la maison, nous fêtions Noël dans le salon avec mes cousins qui vivaient à quelques pas de là. Comme d’habitude, le Père Noël avait été évoqué à de nombreuses reprises : pour le nombre de jouets commandés qu’il ne manquerait pas d’apporter, pour tenter de calmer des enfants sur-excités par son arrivée imminente et pour l’apparente impossibilité de pénétrer dans la maison par la méthode traditionnelle compte tenu du conduit en travaux…

Nous finissions les pommes dauphines (sans rapport avec Miss France) quand l’aîné de mes cousins poursuivit :

- Et d’ailleurs, il est là… Regardez ! On voit déjà sa barbe !

Tous les regards, des plus jeunes aux plus âgés de la tablée, se tournèrent alors vers la cheminée en construction, et dans l’éclat de rire qui s’ensuivit, chacun put observer qu’en effet le trop-plein de laine de verre s’apparentait à merveille à un amas chevelu blanchâtre s’échappant de l’orifice.

Bien entendu, mon regard d’enfant fut changé suite à ce réveillon mais ce n’est ni la déception, ni la trahison dont je me souviens. Non. Ce sont des rires en cascade intarissables ce soir-là.

Père Noël bloqué dans la cheminée

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : "Père Noël révélé".

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Révolution

À la faveur d’une année supplémentaire, tout cela a changé. Les évènements relatés dernièrement n’auraient pas eu la même saveur si j’avais reçu mon cadeau d’anniversaire quelques mois en avance (oui, bon). C’était le jour J, l’heure H, Minute – 5 et, alors que je faisais mollement réchauffer la tambouille du soir, NumberOne a passé furtivement la tête dans la cuisine et m’a informée : "Papa, il va t’offrir un iPhone noir !". Pour l’effet de surprise, on repassera (à ce propos, s’il apprend un truc au sujet du gros bonhomme à la houppelande rouge et blanche, c’est certain, il caftera le pot aux roses à sa soeur qui en est friande, le 24 décembre).

Je dresse la table et, par miracle (ou simplement parce c’est un jour extraordinaire), ma fine équipée arrive moins de 10 min après le 3ème "A tableeeee !" et nous dînons. Au dessert (c’est une pure forme rhétorique ; il est assez rare que nous en mangions), j’ouvre les paquets amoureusement scellés par mon Demi qui ignorait que son fils venait de lui jouer la grande scène de Brutus vis à vis de César. Sans grande surprise, c’est un smartphone à pomme qui fait de moi une vraie blogueuse à part entière (négligeos le fait que ces billets deviennent disparates). Je m’extasie néanmoins : "Hiiiiiiiii !" et entreprend de jouer avec ce nouveau doudou.

Évidemment à côté, ça ne rate pas :
- Maman ? Tu me prêtes ton iPhone ?

Tu quoque fili ?

Histoires de lunes

C’était un dimanche. Nous étions chez mes grands-parents paternels. Le dîner commençait par une soupe servie dans une assiette creuse crème à motifs en grès épais. Le tapioca, invariablement présent dans ce potage de légumes, me répugnait tant que j’ai encore aujourd’hui un rictus de dégoût à sa simple mention. J’étais assise à l’une de ces immenses tables de ferme en bois brut, à droite la cheminée ouverte, gigantesque pour l’enfant que j’étais, et à l’autre bout de la tablée trônait le poêle.

Dans cette maison d’un autre temps, il n’y avait pas de toilettes. Il fallait braver le froid pour se rendre dans une annexe en pierre dont l’odeur ne pouvait tromper personne, même par le plus grand des frimas.
Dans cette masure de pierres sèches, habitée par les araignées et autres insectes rampant et/ou volant, les yeux devaient progressivement s’habituer à l’obscurité pour s’installer sur un banc orné d’un trou.

C’était ainsi, l’éclairage n’était accessible que par les nuits de pleine lune.

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapilucMentaloLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClemlamatriochka, Cerysettedesbois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble. Le thème de cette semaine : "premier souvenir".

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